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Conservatoire Botanique
Nouvelle Calédonie

Les menaces

Les pressions humaines sur la flore calédonienne ne cessent d'augmenter chaque année et sont de nature diverses :

Les incendies

Ils sont la première cause de perte de biodiversité et restent largement répandus en Nouvelle-Calédonie. Dans les maquis, ils appauvrissent le cortège floristique jusqu’au stade de lande à « fougère-aigle » (Pteridium aquilinum). En forêt sclérophylle, les incendies détruisent le sous-bois et les ligneux qui sont remplacés par des savanes à « gaiac » (Acacia spirorbis) ou à niaoulis (Melaleuca quinquenervia). En forêt dense humide, les feux sont exceptionnels mais font régresser inexorablement les lisières au profit de savanes ou de maquis sur les roches ultramafiques.

Ces incendies sont d’origines variées (brûlage d’andains et des dépotoirs, malveillance, inconscience ou pyromanie) et malgré des campagnes de prévention et de sensibilisation, de nombreux hectares brûlent encore chaque année, comme le montre la catastrophe du Mont-Dore, en 2005.

 

Les exploitations minières

Malgré les innovations techniques en matière de protection de l’environnement, l’industrie minière, première ressource de la Nouvelle-Calédonie, représente une réelle menace pour la sauvegarde de la flore Calédonienne. En effet, l’exploitation d’un gisement de nickel en carrière « à ciel ouvert » entraîne la destruction totale de la végétation présente sur le site et laisse un sol dénudé exposé à la sécheresse et à l’érosion, empêchant ainsi toute régénération naturelle. De plus, le stockage des stériles (couches pédologiques inertes) dans les talwegs entraîne systématiquement la destruction de végétation originelle. Cependant, des campagnes de revégétalisation sont entreprises par les sociétés minières après exploitation afin de relancer la succession végétale. Ces campagnes ont été possibles grâce à la réalisation de travaux de recherche sur l’utilisation d’espèces endémiques adaptées.


Le défrichage

Suite au développement de stations d’élevages, principalement sur la côte Ouest, de grandes surfaces de forêt naturelle (forêt sèche essentiellement) ont été défrichées et remplacées par des pâturages. Aujourd’hui il ne reste que quelques lambeaux de forêt sèche, représentant plus que 1 % de sa surface initiale.

La surexploitation et le prélèvement abusif de certaines espèces concernent l’ensemble des formations végétales mais principalement la forêt dense humide. Cela aboutit à la raréfaction de certaines espèces de bois d’œuvres ou de bois précieux. Certaines espèces esthétiques comme les orchidées ou les espèces rares faisant l’objet de braconnage sont ainsi menacées d’extinction.

 

L’urbanisation et le développement industriel.

Le développement socio-économique de la Nouvelle Calédonie entraîne l’implantation d’industries et d’habitations, ainsi que la construction de nouvelles routes, ceci au détriment du milieu naturel. Il en est de même pour les industries, comme à Prony, où l’installation de l’usine de Goro-Nickel a entraîné la disparition du milieu naturel à proximité d’une réserve botanique.

 

Les menaces biologiques

Il en existe deux qui participent, suite à des perturbations généralement anthropiques, à la dégradation du milieu naturel.

Les plantes envahissantes

Introduites volontairement ou accidentellement par l’homme, certaines espèces exotiques telles que Leucaena leucocephala ("faux mimosa"), Acacia farnesiana ("cassis"), graminées diverses, ou indigènes telles que Casuarina collina ("bois de fer"), Acacia spirorbis ("gaïac"), Malaisia scandens ("liane feu"), par leur prolifération laissent peu de chances à la régénération naturelle des espèces de la forêt initiale. Cette menace ne concerne pas les formations végétales qui poussent sur les sols ultramafiques, trop chargés en métaux lourds (Chrome, nickel, cobalt etc.) pour le développement de ces espèces envahissantes.

Les animaux nuisibles

Qu’ils soient sauvages ou d’élevage tels les bovins, les cervidés, les cochons ou les chèvres, ils peuvent, lors de surpopulation, empêcher la régénération naturelle de l’écosystème en piétinant et broutant les jeunes pousses. Ce constat est d’autant plus alarmant qu’il concerne surtout l’ouest de territoire où se situent les dernières reliques de forêt sèche.

Toues ces menaces, qu’elles soient anthropiques ou biologiques, ont participé à la disparition du milieu naturel en Nouvelle-Calédonie. Un réel travail de conservation et de sensibilisation reste encore à faire afin de diminuer au plus vite les pressions exercées sur ces écosystèmes fragiles.